La vasectomie est une méthode de stérilisation masculine. C’est une opération mineure qui consiste à couper et bloquer les canaux déférents qui transportent les spermatozoïdes à partir des testicules. Elle est pratiquée sous anesthésie locale dans le bureau du médecin et dure environ 10 minutes. Le médecin vous fait bénéficier de la technique d’anesthésie avec micro-aiguille. Cette technique novatrice faite à l’aide d’une aiguille de la grosseur d’un cheveu réduit la douleur et l’anxiété associées à la «piqûre». Votre vasectomie sera sans douleur…ou presque. La majorité des hommes estiment que « c’est moins pire que d’aller chez le dentiste! »

Lors d’une vasectomie, les canaux déférents sont sortis hors du scrotum (c’est-à-dire l’enveloppe contenant les testicules) puis sont bloqués et coupés, empêchant ainsi le passage des spermatozoïdes. Ceci n’empêche pas l’éjaculation. En effet, les spermatozoïdes ne représentent en moyenne que 2 à 3% de l’éjaculation. Ce sont les vésicules séminales situées au-dessus de la prostate, donc plus haut que le site de la vasectomie, qui produisent la plus grande partie du liquide qui est éjaculé. La production des spermatozoïdes par les testicules continue après la vasectomie. Il se fait un équilibre entre les cellules produites et les cellules qui meurent, celles-ci étant réabsorbées par l’organisme.

Qu’est-ce qui distingue la vasectomie « classique » de la vasectomie sans bistouri?

La vasectomie sans bistouri est une technique pour sortir le canal déférent hors du scrotum. Elle est plus «délicate» que la technique classique. Inventée en Chine en 1974 et introduite au Canada en 1992, elle nécessite l’utilisation de deux instruments spécialement créés à cette fin. Ces instruments permettent de sortir les canaux déférents par une seule petite ouverture au milieu du scrotum. Contrairement à la technique «classique» où habituellement deux ouvertures plus grandes sont faites, aucun point de suture sur le scrotum n’est nécessaire avec la vasectomie sans bistouri. Elle réduit ainsi les risques de complications dus à l’opération (infections et saignement – moins de 1%) et favorise la récupération. L’efficacité de la vasectomie, qui dépend de la façon dont on bloque les canaux déférents, n’est pas modifiée par l’approche sans bistouri.

Comment bloque-t-on les canaux déférents?

Plusieurs techniques différentes sont utilisées pour bloquer les canaux déférents lors de la vasectomie. Nous associons  trois méthodes pour assurer une bonne occlusion des canaux. D’abord, nous  cautérisons (brûlons) l’intérieur d’un bout du canal, ensuite  le bout cautérisé est enfoui dans la gaine du canal à l’aide d’une minuscule agrafe en titane qui reste en place, puis  un tout petit bout du segment testiculaire est coupé, qui lui est laissé ouvert. Cette technique «ouverte» (open-end) serait avantageuse. Elle réduirait la pression au niveau du testicule et les malaises reliés à une congestion de l’épididyme qui survient parfois de façon transitoire chez moins de 5% des hommes dans les semaines qui suivent la vasectomie.

Quelle est l’efficacité de la technique?

La vasectomie n’assure pas une stérilisation immédiate.  De nombreux spermatozoïdes sont encore présents dans le canal déférent, au-dessus du site de l’opération.  Vous devrez utiliser un autre moyen de contraception jusqu’à ce qu’un spermogramme (c’est-à-dire un test de sperme), révèle l’absence de spermatozoïdes dans le liquide éjaculé.  En général, on demande de 20 à 30 éjaculations ou un délai de 2 à 3 mois après la chirurgie, avant de faire le spermogramme.

La majorité des hommes vasectomisés seront stériles lors de leur premier spermogramme après la vasectomie.  Parfois, il faudra plus d’un test avant que la stérilité ne soit obtenue.  Très rarement, les deux bouts d’un des canaux coupés se recollent spontanément, ce qui permet le passage des spermatozoïdes, donc le retour de la fertilité.  Le plus souvent ceci survient avant le premier test de sperme.  On pourra remédier à cette recanalisation précoce, très rare avec la technique que nous utilisons (moins de 0,3%), en refaisant la vasectomie.  Une recanalisation spontanée tardive, après un spermogramme démontrant la stérilité, peut survenir jusqu’à plusieurs années après la vasectomie.  Toutefois, ceci est extrêmement rare (moins de 0,1%).

La vasectomie est-elle permanente?

Quelle que soit la technique d’occlusion utilisée, la vasectomie doit être considérée comme une opération permanente. La vasectomie n’est donc indiquée que si vous désirez une contraception définitive.  Tant que vous aurez une incertitude quant à votre désir d’avoir des enfants, il faudra utiliser des méthodes contraceptives réversibles.

Il existe actuellement une intervention chirurgicale dont le but est de recréer la perméabilité des canaux déférents.  Cette opération, la vasovasostomie, n’est toutefois pas toujours efficace. En moyenne, seulement la moitié des couples qui tenteront cette recanalisation chirurgicale réussiront à avoir des enfants après l’opération. Malgré la grande efficacité de la technique d’occlusion que nous utilisons, les chances de réussite de la vasovasostomie sont les mêmes qu’avec une autre technique d’occlusion.

Nous n’offrons pas les services de vasovasostomie. Pour obtenir de l’information à ce sujet, consultez votre médecin de famille qui vous référera à un urologue qui pratique cette technique.

 

Quelles sont les complications possibles?

La vasectomie, spécialement lorsque la technique sans bistouri est utilisée, est considérée comme une opération très sécuritaire. Malgré tout, comme toute opération, certaines complications peuvent survenir: des saignements (hématomes) ou une infection (environ 1%), un malaise aux testicules (épididymite congestive) qui survient quelques semaines après la vasectomie et dure habituellement quelques jours (environ 5%), un nodule cicatriciel douloureux sur le canal (granulome, environ 1%) et une douleur chronique qui est très rare (environ 0,1%).

À la lumière des études réalisées sur plusieurs milliers d’hommes, la vasectomie ne cause pas de problèmes de santé tels les maladies cardio-vasculaires ou le cancer. Une certaine controverse a été soulevée vis-à-vis de la relation entre la vasectomie et le cancer de la prostate. L’analyse des études actuellement disponibles n’a pas permis d’établir que la vasectomie cause le cancer de la prostate et la communauté médicale reconnaît que la vasectomie n’est pas un facteur de risque pour cette maladie.

Quant à la fonction sexuelle, elle demeure inchangée. Vous continuerez d’avoir des érections et des éjaculations comme avant la vasectomie, sauf que le liquide éjaculé ne contiendra plus de spermatozoïdes. Rappelons que les spermatozoïdes ne représentent qu’environ 2% à 3% de l’éjaculation. Vous n’aurez pas non plus de différence au niveau des sensations.